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Œuvre imposée en finale

Après la demi-finale, les finalistes des sessions instrumentales sont hébergés à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth, notamment pour y étudier sans aide extérieure une œuvre concertante inédite. Cette année, la composition de cette œuvre pour violoncelle et orchestre a été confiée à
Fang Man.
Four Odes to the Tidings of Flowers [In Spring Valleys, An Ode to Orchid - In Summer Winds, An Ode to Bamboo - In Autumn Frost, An Ode to Chrysanthemum - In Winter Snow, An Ode to Plum] a été dévoilée en première mondiale le premier jour de la finale, le lundi 25 mai, à 20h15 au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Elle est interprétée par les douze finalistes, avec le Belgian National Orchestra dirigé par Antony Hermus.
L’œuvre imposée a pu être commandée à Fang Man grâce au généreux soutien de Monsieur Rudolf Schülgen.Au sujet de la compositrice
La musique de Fang Man
s’enracine dans les traditions littéraires et philosophiques chinoises tout en étant façonnée par l’esthétique musicale occidentale, et déploie un univers situé entre cultures, mémoire et imagination. La compositrice crée des paysages sonores qui résonnent à travers les cultures tout en demeurant profondément personnels et poétiques. Ses œuvres ont été
interprétées par de nombreux ensembles et orchestres, parmi lesquels le San Francisco Symphony, le Los Angeles Philharmonic New Music Group, la Camerata du Royal Concertgebouw Orchestra, la Sinfonia Rotterdam, la Basel Sinfonietta, le Mannheimer Philharmoniker, l’Orquesta Sinfónica del Principado de Asturias, l’American Composers Orchestra, le Tokyo Philharmonic Orchestra, l’Orchestre National de Lorraine, le Minnesota Orchestra, le Slovak Philharmonic Orchestra, le Prism Saxophone Quartet et le Dolce Suono Ensemble. Soutenu par la
Virginia B. Toulmin Foundation, son concerto pour sheng (orgue à bouche chinois),
Song of the Flaming Phoenix, a été commandé par le San Francisco Symphony et la League of American Orchestras. Elle a également été
compositrice en résidence auprès du Mannheimer Philharmoniker. Fang Man a reçu
de nombreuses distinctions, dont les bourses Charles Ives et Guggenheim, une commande de la Fondation Koussevitzky, le Prix Toru Takemitsu, ainsi que des prix du National Endowment for the Arts, d’Opera America et de New Music USA. Elle a été invitée dans des
festivals tels que le Festival d’Aix-en-Provence, les Darmstädter Ferienkurse für Neue Musik, la Gaudeamus Music Week, le Cabrillo Festival et l’Aspen Music Festival. Elle a également été en résidence à l’Hermitage Artist Retreat, à l’Aldeburgh Music Centre et à la Fondation Civitella Ranieri. Formée au Conservatoire central de musique de
Pékin et à l’Ircam à
Paris, elle a obtenu son doctorat à l’
Université Cornell. Elle est aujourd’hui professeure de composition à l’Université de Caroline du Sud.
Note de la compositrice à propos de son oeuvre
Cette œuvre tire son titre du concept traditionnel chinois de huâ xìn ; les “messages” portés par les fleurs lorsqu’elles annoncent le cycle des saisons. Dans l’esthétique chinoise, les fleurs ne sont pas de simples présences botaniques, mais des emblèmes spirituels. À travers quatre mouvements - orchidée, bambou, chrysanthème et prunier - le concerto parcourt le printemps, l’été, l’automne et l’hiver, éclairant les paysages intérieurs que ces saisons éveillent. Ce voyage n’obéit toutefois à aucune chronologie fixe. Comme la mémoire et l’émotion ne sont pas linéaires, les mouvements peuvent être joués dans l’ordre choisi par le violoncelliste soliste. Chaque interprète trace ainsi sa propre traversée des saisons et devient à la fois interprète et conteur, réinventant à chaque exécution le lien entre saison, fleur et esprit. Le concerto s’inspire de deux compositeurs que j’admire. De Bach viennent l’énergie rythmique, la clarté contrapuntique et la dimension physique de l’écriture pour cordes ; de Messiaen, un matériau de hauteurs issu des Modes à transpositions limitées, dont les harmonies lumineuses évoquent mysticisme et temps suspendu. L’imaginaire poétique de l’Orient y rencontre l’architecture musicale de l’Occident.
Œuvre imposée en demi-finale

L’œuvre imposée en demi-finale du Concours de Violoncelle 2026,
Caffeine, a été écrite par
Harold Noben. Cette œuvre pour violoncelle et piano a été créée le lundi 11 mai à 15h au Studio 4 de Flagey et interprétée par les 24 demi-finalistes. Elle a été envoyée aux candidats admis, à l’issue de la présélection.
Avec le soutien de la Sabam, qui encourage la création.

Au sujet du compositeur
Harold Noben s’est forgé un langage qui lui est propre, en se refusant à tout cadre déterminé. Sa musique, souvent imprégnée de littérature, brasse des styles et des courants variés. Cet éclectisme est né d’un parcours atypique et autodidacte. Après une formation de pianiste au Conservatoire Royal de Musique de
Liège auprès de Jean Schils et Marie-Paule Cornia, il se tourne vers la composition en fondant son
trio Cardamome, à la croisée du jazz et du classique, et inspiré du tango nuevo et de musiques traditionnelles. En 2011, Sébastien Walnier lui commande une première œuvre pour l’
ensemble Ô-Celli. Il collabore avec les 12 violoncellistes du Berliner Philharmoniker sur leur album Hora Cero (2016) et en 2018, l’Orchestre Philharmonique de Liège lui commande
White House 1921. De 2018 à 2020, il est en résidence de composition à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth sous la supervision de Benoît Mernier. Cette période aboutit à la création de son opéra de chambre
À l’extrême bord du monde, sur la scène de
la Monnaie en 2020 et repris en 2026. Sa collaboration avec la Monnaie continuera avec
Beyond (2022), commandé par Peter de Caluwe. Plus récemment, son opéra
Bovary, sur un livret de Michaël De Cock, a été créé au Théâtre National en 2025. Dans le répertoire de la
musique de chambre, des commandes lui viennent de nombreux ensembles, artistes et institutions tels que Musiques Nouvelles, Sturm und Klang, Roeland Hendrikx ensemble et Ô-Celli. Il a obtenu le
prix Marcel Hastir en 2022 pour son quatuor à cordes
Quartet from the Portuguese ainsi que le
prix de la composition de la Fondation des Treilles en 2024, bénéficiant d’une résidence de trois mois au sein de la Fondation. Harold Noben est également professeur à l’Imep de Namur et à l’académie Arthur De Greef de Saint-Gilles.
Note du compositeur à propos de son oeuvre
Au départ de Caffeine
, il y avait l’envie de proposer une œuvre qui soit comme une sorte d’exutoire jubilatoire de toutes les tensions que peuvent vivre et ressentir les candidates et candidats d’un concours tel que le Concours Reine Elisabeth. J’ai donc voulu proposer une musique qui vibre sous le signe du rythme, du groove parfois, d’une sorte de frénésie, et même de nervosité à évacuer. De celles que l’on peut sentir bouillonner lorsque l’on est sous l’effet de la caféine… surtout lorsqu’on en a bu un peu trop. Un exutoire dont le but est de pouvoir trouver, malgré les circonstances, un amusement, une sorte de joie première à plonger dans ce fleuve électrique, sans retenue et avec générosité.
Par ailleurs, cette frénésie est aussi à l’image de nos sociétés actuelles dont l’accélération en tout sens et l’hyperactivité nous entrainent toutes et tous dans un mouvement irrépressible d’une vitesse folle, non sans que cela ne pose certaines des plus grandes questions de notre temps. C’est comme si notre monde était lui aussi sous l’emprise d’une caféine qui semble couler inlassablement dans nos vies trépidantes, impactant nos communautés, nos familles et chacune et chacun de nous individuellement.
À l'issue du Concours de Violoncelle 2026, les deux œuvres seront éditées sur CD et seront disponibles sur les plateformes de streaming