Lukáš Vondrácek revient sur son Concours 2016
 
29/05/2021

En mai 2016, Lukáš Vondrácek remportait le Concours Reine Elisabeth de Piano après une interprétation magistrale du Troisième Concerto pour piano de Rachmaninov. Tout le monde se souvient de l'atmosphère magique qui régnait lors de sa prestation, que le public a vécue en symbiose avec lui, le souffle coupé, avant de lui réserver une standing ovation tonitruante. Cinq ans plus tard, il revient sur ce triomphe qui a changé sa vie.


Quels souvenirs avez-vous de votre expérience au Concours Reine Elisabeth ?

Ce fut une expérience intense et inoubliable. Participer à un concours aussi prestigieux était vraiment très spécial, et remporter le premier prix, voir un rêve se réaliser. J’ai aimé l’hospitalité des Belges, et le public bruxellois m’a insufflé beaucoup d’énergie et d’inspiration.

Provenant d’un pays où, malgré une riche tradition culturelle, les élites politiques ne montrent pas beaucoup d’intérêt pour l’art, voir la Reine Mathilde assister aux épreuves dès le début fut un grand réconfort et une reconnaissance. J’ai ensuite eu le plaisir d’être invité au Palais Royal et j’ai passé une soirée très agréable en compagnie du couple Royal et de leurs enfants en partageant nos impressions sur la musique et bien d’autres sujets. La Belgique demeure très chère à mon cœur et j’aime y revenir et me remémorer ces magnifiques souvenirs.



Comment vous êtes-vous senti d’une épreuve à l’autre ?

C’est un mélange d’émotions. Soulagement, épuisement, stress, anticipation, excitation. Je me suis dit de considérer cette expérience du concours de manière plutôt relax. J’étais concentré évidemment, mais sur scène je voulais simplement faire de la grande musique et partager ces moments particuliers avec le public sans trop m’inquiéter du jury, de leurs goûts ou de leur jugement.





Comment avez-vous vécu votre expérience à la Chapelle Musicale ?

J’ai beaucoup aimé mon séjour à la Chapelle. Surtout la camaraderie avec les finalistes et les soirées où nous avons partagé un verre de whisky, en toute clandestinité. Les artistes ont besoin de temps loin de la « civilisation » afin d’être seuls face à leurs pensées et trouver l’inspiration dans le silence et la nature. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai apprécié la Chapelle et son environnement paisible.

Que fut votre sentiment lorsque vous avez remporté le Premier Prix du Concours ?

J’étais heureux mais aussi très éprouvé émotionnellement. Je me suis senti très orgueilleux d’être le premier Tchèque à remporter un concours de piano aussi important et très honoré de faire partie des légendaires premiers lauréats. Nombre d’entre eux étaient mes idoles au cours de mon enfance et mon adolescence alors que je rêvais de devenir un artiste. J’ai également réalisé que perfectionner son talent, rechercher de nouvelles façons de s’exprimer, créer de la beauté tout en s’immergeant dans l’art est le processus d’une vie entière, et que le voyage ne faisait que commencer.

Comment est-ce que ce Premier Prix a influencé votre vie et votre carrière ?

Le Concours jouit d’une réputation mondiale et ce prix m’a ouvert de nombreuses portes. Je suis devenu beaucoup plus actif, je me suis mis à parcourir le monde pour me produire en concert et tenter de le rendre meilleur grâce à la musique. Que demander de plus ?


Cinq ans plus tard, quel regard portez-vous sur l’événement que fut ce Premier Prix ? Dans quelle mesure est-ce que ce Concours se démarque des autres ?

J’y repense avec une gratitude immense. Mon expérience lors de ce concours m’a permis de devenir un musicien plus confiant et plus libre. Ce qui distingue le Concours Reine Elisabeth des autres est son histoire et sa tradition incroyablement riches, le dévouement de ses organisateurs, l’expérience unique du séjour à la Chapelle et l’aura incomparable de l’événement dans son ensemble.



Comment avez-vous vécu cette année si particulière et inhabituelle ? Comment votre vie et votre carrière ont-ils été affectés par la crise du corona ?

Ce fut une année difficile et triste sous bien des aspects. La musique est une part essentielle de ma vie et ne pas pouvoir la partager avec d’autres m’a attristé. Mais les jours meilleurs s’annoncent, j’en suis persuadé. J’ai essayé de tirer le meilleur parti de cette situation, en passant quatre mois sur la belle île de Bali, à surfer, faire des randonnées et.. me tenir éloigné d’un piano.

Est-ce que les quatre mois sans piano ont eu une influence sur votre jeu, ou sur votre relation au piano ?

Pour répondre à votre question – je dois avouer que le piano ne m’a pas trop manqué au cours de ces quatre mois. J’ai eu l’opportunité, rare, de me déconnecter et de pouvoir penser à être moi-même, juste Lukas – au lieu de Vondracek, le pianiste globe-trotter – et cela m’a plu. Quant à la pratique, je suis convaincu qu’une grande partie du travail peut être accomplie loin de l’instrument, l’importance de la pratique mentale ne doit pas être sous-évaluée. La musique occupe mon esprit quoi qu’il en soit, où que je sois, et le lien qui nous lie évolue naturellement.

Quels sont vos espoirs et vos aspirations pour l’avenir (l’après corona) ?

Ils n’ont pas changé. Je veux simplement toucher le cœur des gens par la musique que j’interprète et les initier au monde fascinant des arts et du piano. J’ai quelques concerts très intéressants en perspective pour l’été, comme mes débuts avec le Chicago Symphony, et le Los Angeles Philharmonic, entre autres.

J’aimerais saisir cette opportunité pour souhaiter à tous mes amis belges et aux fans du Concours de se porter au mieux et de passer un merveilleux été.


L'été et la saison à venir lui réservent de belles perspectives :


Le 17 juillet 2021, Lukas retrouve Marin Alsop, chef d'orchestre en finale en 2016, au célèbre Ravinia Festival, le plus ancien festival de musique classique d'Amérique du Nord, pour ses débuts avec le Chicago Symphony Orchestra.

Il se rend ensuite au Hollywood Bowl à Los Angeles pour ses débuts avec le Los Angeles Philharmonic Orchestra.

En octobre, il retourne aux États-Unis, pour un autre concert avec Marin Alsop, cette fois avec l'orchestre dont elle est Directeur musical; le Baltimore Symphony Orchestra.

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S.M. la Reine Mathilde
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