Président du jury
Léon Jongen
Belgique, °1884 - 1969
Une fois ses études terminées au Conservatoire de Liège, Léon Jongen est devenu organiste à l'église Saint Jacques de sa ville natale.

En 1913, il remporte le Premier Grand Prix de Rome avec sa cantate Les fiancés de Noël. Il débute alors sa carrière de pianiste. En 1918, après la première guerre mondiale, il voyage longuement en Afrique, en Inde, en Chine et au Japon et assure les fonctions de directeur et de chef d'orchestre de l'Opéra Français de Hanoi durant 2 ans.

De retour en Belgique en 1934, il enseigne la fugue au Conservatoire royal de Bruxelles, puis succède à son frère Joseph à la tête de cette institution. De 1939 à 1949, il dirige des concerts au conservatoire. Son Concerto pour violon a été imposé au Concours Reine Elisabeth de Belgique 1963.

Il a écrit de nombreuses œuvres symphoniques et était attiré par le théâtre. Son opéra Thomas l’Agnelet est l'une des meilleures œuvres lyriques jamais écrites en Belgique. Bien qu'il ait admiré l'école romantique française et qu'il était fortement influencé par César Franck, sa musique s'est néanmoins orientée vers des conceptions plus modernistes.
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Renata Borgatti
Italie, °1894 - 1964
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Harriet Cohen
Grande-Bretagne, °1895 - 1967
La pianiste britannique Harriet Cohen étudia à l’Académie Royale de Musique (1912-1917) et à la Matthay School, où elle enseigna par la suite. Ses petites mains limitèrent son répertoire, mais elle se créa rapidement une réputation d’interprète exceptionnelle de Bach, et de la musique anglaise de son époque. Elle joua au Festival de Musique Contemporaine de Salzbourg en 1924, au Coolidge Festival de Chicago en 1930, et créa le Concerto de Vaughan Williams qui lui était dédié, en 1933. Elle se blessa à la main droite en 1948, et ne joua qu’à une seule main jusqu’en 1951, mais cette blessure ne guérit jamais complètement et elle fut forcée de prendre sa retraite en 1960. Elle obtint les titres de Commander de l’Empire Britannique en 1938, de Freeman de la Ville de Londres en 1954, et reçut de nombreuses autres décorations dans d’autres pays. Le Prix International de Musique Harriet Cohen fut fondé en 1951 par Sir Arnold Bax.

Harriet Cohen fut choisie par Edward Elgar pour enregistrer son Quintet pour piano, et elle réalisa une grande partie des premiers enregistrements des œuvres d’Arnold Bax - principalement pour piano, dont un Concerto à la main gauche écrit spécialement pour elle. En 1932, douze des compositeurs anglais dominants publièrent des transcriptions dans A Bach Book for Harriet Cohen. Elle publia elle-même quelques transcriptions de Bach, et un court ouvrage sur l’interprétation, Music’s Handmaid (1936, 2/1950). Ses Mémoires, A Bundle of Time (1969), sont composées de lettres de ses éminents amis.
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Eduardo del Pueyo
, °1905 - 1986
Né à Zaragoza, en Espagne, Eduardo del Pueyo (1905-1986) avait débuté ses études musicales à 8 ans et sa carrière pianistique à 16 ans. Brillant technicien, d’un esprit raffiné et d’un tempérament riche, il sera, durant quelques décennies, une référence, notamment en matière d’interprétation des oeuvres de Beethoven.
Professeur au Conservatoire Royal de Bruxelles, à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth, à l’Université Autonome de Madrid et au Mozarteum de Salzbourg, il aura été conseiller technique et membre du jury du Concours Reine Elisabeth depuis sa fondation. Le moindre de ses titres n’est pas celui d’avoir formé quelques uns des lauréats belges de du Concours Reine Elisabeth : Jean-Claude Vanden Eynden, André De Groote, Jo Alfidi, Evelyne Brancart et Johan Schmidt.
C’est en 1977 que fut créé le Centre européen des hautes études musicales, à l’initiative d'Eduardo del Pueyo et de Jean-Claude Vanden Eynden, devenu Centre Musical Eduardo del Pueyo en 2004.


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Alex De Vries
, °1919 - 1964
Alex De Vries was born in Amsterdam in 1919, but moved to Antwerp already at an early age. He made his debut as a pianist at age eleven. He studied at the Royal Conservatory of Antwerp from 1928 to 1940, where he earned degrees for piano (1935), harmony (Edward Verheyden, 1936), counterpoint and fugue (Karel Candael, 1939 and 1940) as well as the higher diploma for piano (Marinus de Jong, 1937). In addition to that formal education he was also taught privately by Arthur de Greef and Emile Bosquet in Brussels. Later he married Denise Tolkowsky, also a pianist and composer.

Throughout the years he earned several distinctions: the Alexander Brailowsky Prize (Liège, 1938), the Virtuosity Prize of the Belgian government (Brussels, 1939), the Lomas Prize (Brussels, 1939) and the Prize Albert de Vleeshouwer with the cantata Het Kamp (The Camp, 1939) for tenor and chamber orchestra.

After completing his training he was a teacher of piano at the Royal Conservatory of Ghent from 1946 to 1958, and subsequently from 1958 to his death at the Royal Conservatory of Antwerp. There he founded the Prize De Vries-Tolkowsky together with his wife. This prize was awarded to the student of the Royal Conservatory of Antwerp who earned the highest grade for the Higher Diploma Piano. In 1956 and 1960 he sat on the jury of the Queen Elisabeth Piano Competition. He was also very active as a concert pianist with tours in Europe and Africa as well as performing with important orchestras under the baton of A. Cluytens, C. Zecchi, E. Ansermet, P. Colombo, and many others.

During the war he had to get out of Antwerp and hide in Ghent. This period had, as with Denise, an impact on his compositions. The title of the cantata Het Kamp (1939), which is also conspicuous in the oeuvre of Denise Tolkowsky in an alternative version for mezzo, refers to that dark period in the life of the couple. Also the Suite op “Het beleg van Bergen-op-Zoom” (Suite on “The Siege of Bergen-op-Zoom”) for strings, shows affinities with the same theme.

In addition to the cantata Het Kamp he composed works for strings, such as an Andante for strings on a theme by Arcadelt. The rest of his oeuvre consists of works for piano, such as his adaptation of the piano concerto by Aram Khachaturian, performed by him under the baton of the composer, and songs on texts by Paul van Ostaijen, Willem Kloos, Frederik van Eeden and Karel van de Woestijne.

The repertoire of Alex De Vries contained a lot of impressionist music and contemporary compositions. He was exceedingly exacting for himself as an artist and often felt tormented by ideas of inadequacy when interpreting the great masterpieces. Even so, these selfsame demands resulted in outstanding performances, earning him much acclaim at home and abroad. He particularly cherished the modern Russian school, witness his special commitment to Khatchaturian’s piano concerto.

Besides being a prominent composer he was also recognized as a humanist and an author. He wrote several studies of composers and musical subjects such as De sonate and Mozart, historisch en stilistisch gesitueerd (Mozart, historically and stylistically contextualized). Not only the subject of music was his domain, he also roamed freely across medicine, psychoanalysis, philosophy, politics and economics. Thus he wrote Inleiding tot de algemene en muzikale geheugenleer (Introduction to a general and musical theory of mnemotechnics, 1949, reprinted in 1973) and many essays such as De muziek in het oeuvre van M. Proust en A. Huxley (Music in the oeuvre of M. Proust and A. Huxley) and Joodse moraal en politiek (Jewish ethics and politics).

In 1964 he said farewell to life. His wife, Denise Tolkowsky, founded in 1965 the Fund Alex de Vries with the mission to offer opportunities to young musicians, supporting and advising them.
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Zbigniew Drzewiecki
Pologne, °1890 - 1971
Zbigniew Drzewiecki fit ses études à la Wiener Akademie für Musik avec M. Prohaski, et prit des cours particuliers à Vienne avec M. Prentner. Il fit ses débuts en tant que pianiste en 1916 à Varsovie, donnant un récital composé d'oeuvres de Bach, Beethoven, Brahms, Schumann, Chopin et Liszt. Il fut également l'un des premiers pianistes polonais à interpréter des œuvres de Scriabin, Debussy, Ravel et Prokofiev : aux yeux des critiques conservateurs, il se fit ainsi une réputation de propagateur enthousiaste du modernisme et du dadaïsme.

La musique de Szymanowski trouva une place toute particulière dans son répertoire. Le compositeur et le pianiste étaient amis, et partageaient la même passion pour le bridge. Szymanowski lui dédia deux Mazurkas Op. 50 n° 7 & 8. Zbigniew Drzewiecki fut aussi un relais pour les œuvres de compositeurs polonais contemporains : Szalowski, Palester, Kondracki, Szabelski. Il perfectionna sa technique musicale aux côtés de Paderewski, à Morges.

En tant que critique musical, il publia des articles dans Muzyka de M. Glinsli, et Muzyka Polska de K. Regamey. Il écrivit beaucoup sur le répertoire pour piano du XXème siècle, notamment à propos des œuvres de Bartok, Berg, Szymanowski, Koffler ou Palester, mais aussi à propos des interprétations de Chopin, pour laquelle il recommandait la simplicité et la modération, ainsi que l'équilibre entre l'expression et la technique. En 1930, il devint vice-Recteur de l'Ecole de Musique de Varsovie, renommée « Académie » par la suite. En 1931, il quitta se poste pour celui de Recteur, à la suite de Karol Szymanowski. Parmi ses étudiants, nous pouvons citer F. Blumental, J. Ekier, R. Etkinówna, B. Kon, H. Czerny Stefanska, Fu-Tsung, L. Grychtolówna, A. Harasiewicz, R. Smenszianka, J. Olejniczak. Certains d'entre eux sont à présent membres de la Faculté de Cracovie : M. Szmyd-Dormus et E. Wolak-Moszynska.

Au printemps 1945, avec un groupe de collaborateurs, Zbigniew Drzewiecki commença à organiser la Haute Ecole de Musique (aujourd'hui « Académie de Musique »). Parmi le corps enseignant de l'Ecole de Cracovie, nous pouvons citer : R. Palester, S. Wiechowicz, A. Malawski, J. Hoffman, A. Rieger, H. Sztompka, E. Uminska, B. Rutkowski, B. Romaniszyn, H. Zboinska-Ruszkowska, W. Kaczmar, M. Dziewulska, et S. Kisielewski.

En guise de reconnaissance de son travail et de ses réalisations, il a reçu le Prix National du 1er degré (1950 et 1952), et fut honoré du Polonia Restituta Cross en 1955.
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Rudolf Firkusny
États-Unis, °1912 - 1994
Rudolf Firkusny étudia le piano et la composition avec Janacek ; de 1920 à 1927, il fut l'élève de Ruzena Kurzova au Conservatoire de Brno, puis de Vilem Kurz et de Rudolf Karel au Conservatoire de Prague. De 1929 à 1930, il étudia aussi la composition aux côtés de Suk. Il fit ses débuts à Prague en 1922, puis poursuivit sa carrière en Europe de l'est jusqu'en 1933 : date à laquelle il joua pour la première fois en Angleterre. Il fit ses débuts aux Etats-Unis en 1938. Parmi ses compositions, nous pouvons compter un Concerto pour piano - créé en 1930, un Quatuor à cordes, et plusieurs pièces pour piano et chants.

Après ses débuts américains, Rudolf Firkusny se lança dans une carrière internationale en tant que pianiste, puis comme enseignant à la Juilliard School et à la Aspen School of Music quelques temps plus tard. Bien qu'il fût principalement connu pour ses interprétations du grand répertoire du XIXème siècle, il se fit aussi connaître pour ses performances en musique de chambre, et dans le répertoire contemporain - ou tout du moins, moins connu. Il créa des œuvres de Menotti, Barber, Ginastera, Hanson et Martinu, entre autres, et excellait tout particulièrement dans l'interprétation des œuvres de Dvórak et de Janacek.
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Jacob Flier
Russie (Fédération de), °1912 - 1977
Le pianiste Jacob Flier fut l'un des pianistes soviétiques majeurs de son époque, et aurait certainement eu une renommée internationale bien plus grande si les aléas politiques de la Guerre Froide n'avaient pas encombré sa carrière. Emil Gilels, puis Sviatoslav Richter et enfin Lazar Berman furent autorisés par les « tsars culturels » soviétiques à se produire à l'étranger : Jacob Flier le fut aussi, mais à la différence des trois autres, il ne vécut pas longtemps après sa première apparition à l'Ouest. Il limita aussi sa carrière par sa préférence pour l'enseignement, et par une décennie entière qu'il passa sans se produire en soliste (1949-1959). Malgré tout, dans les années 1960 et 1971, il réussit à développer un public fidèle en Europe de l'Ouest et aux Etats-Unis, sans oublier l'URSS. Son répertoire était surtout tourné vers les romantiques, avec une préférence pour Schumann, Chopin, Brahms, Liszt et Rachmaninov, bien qu'il interprétât aussi des œuvres contemporaines comme celles de Kabalevsky. Ses enregistrements furent réalisés pour le label soviétique Melodiya, mais plusieurs ont été réédités pour Brilliant Classics, Globe et Russian Compact Disc.

Jacob Flier étudia le piano au Conservatoire de Moscou, aux côtés du pédagogue Konstantin Igumnov. Il fut diplômé en 1934 comme l'un des pianistes les plus prometteurs de l'URSS. Et il fut à la hauteur de ces espérances : en 1936, il remporta le premier prix au Concours International de piano de Vienne, devant Emil Gilels.

L'année suivante, il rejoignit la faculté au Conservatoire de Moscou, avant de devenir professeur (1945), puis d'obtenir la Chaire du Département de Piano (1965). Au fil des années, il compta parmi ses élèves le compositeur Rodion Shchedrin, Viktoria Postnikova et Mikhail Pletnev. En 1938, il obtint le troisième prix du Concours Eugène Ysaÿe, gagné cette année-là par Emil Gilels. Après un retrait de la scène pendant les années d'après-guerre - il se concentrait alors sur la musique de chambre - il se forgea une réputation internationale dans les années 1960.
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Emil Gilels
Russie (Fédération de), °1916 - 1985
Emil Gilels naquit à Odessa. Il n'était pas issu d'une famille de musiciens : son père travaillait comme employé dans une raffinerie de sucre, et sa mère était mère au foyer. A l'âge de cinq ans et demi, il fut présenté à Yakov Tkach, un célèbre professeur de piano d'Odessa. Emil Gilels exécuta la première partie de ses études musicales avec une facilité déconcertante. En 1929, âgé de seulement douze ans, il donna son premier concert public. En 1930, il fut admis au Conservatoire d'Odessa dans la classe de Berta Reingbald. Son but principal était de faire participer le jeune élève au Concours First-Union Competition of Performers, annoncé pour 1933 à Moscou. La performance de Gilels y fit sensation - quand il finit de jouer, l'auditorium se leva en une ovation tumultueuse, et même le jury se leva pour applaudir. La question du premier prix ne fut même pas débattue : Gilels fut nommé vainqueur de manière unanime. Ce concours changea la vie d'Emil : il était soudainement devenu célèbre dans tout le pays. A la suite, il partit pour une grande tournée en URSS.

Gilels fut diplômé du Conservatoire d'Odessa à l'automne 1935. Il fut immédiatement admis dans la classe d'Heinrich Neuhaus comme étudiant dans le niveau supérieur du Conservatoire de Moscou, et Gilels renouvela ses engagements de concerts. Le phénomène « Gilels » commença alors à se faire connaître à l'étranger. A son arrivée à Moscou au début de l'année 1936, le chef Otto Klemperer monta le Concerto No. 3 en Do mineur Op. 37 de Beethoven, avec Gilels pour soliste. La même année, il participa à son premier concours international - le Concours International de l'Académie de Musique de Vienne. Bien qu'il ait réussi à attirer le regard de l'Europe sur sa prestation, et malgré le prestige indubitable de son statut de finaliste, il considéra sa deuxième place comme un échec. Le premier prix fut attribué à son ami Jacob Flier - un pianiste profondément romantique.

En 1938, Gilels et Flier participèrent au Concours Reine Elisabeth. Tout le monde attendait d'eux qu'ils confirment la réputation des musiciens soviétiques, après la victoire du violoniste David Oistrakh un an auparavant, et qu'ils fassent un retour triomphant. Et, de fait, Gilels obtint le premier prix et Flier le troisième. Le monde musical commença à parler d'Emil Gilels. Après ce Concours, il était supposé partir pour une longue tournée de concerts, notamment aux États-Unis. Mais ce projet fut brutalement interrompu par la Deuxième Guerre Mondiale. Gilels devint un héros dans son pays natal : il reçut une médaille pour ses accomplissements, fut félicité lors d'une fête donnée à son retour, et dans l'esprit des soviétiques, son nom résonnait au même titre que ceux des célèbres explorateurs, des pilotes et des stars de cinéma.

Emil Gilels finit ses études supérieures en 1938 et commença à enseigner au Conservatoire de Moscou (il obtint le statut de professeur en 1952). Il continua ce travail pédagogique de manière ponctuelle jusqu'en 1976, mais ne put jamais s'y consacrer entièrement à cause des nombreuses propositions de concerts qui lui étaient faites. Toutefois, il compta des pianistes importants parmi ses élèves, comme Marina Mdivani, Valery Afanassiev, Igor Zhukov et le pianiste et compositeur Vladimir Blok.

Quand la guerre éclata, il ne fut pas évacué comme les autres membres du Conservatoire. Il rejoignit la résistance civile et, obéissant à un ordre le pressant de revenir, commença à jouer au Front et dans les hôpitaux. Au début de l'année 1943, il interpréta la pièce de bravoure de Stravinsky, Petrouchka, pour les habitants épuisés de la ville assiégée de Leningrad.

A la fin de la guerre, Emil Gilels fut chargé d'une mission particulière : il devait représenter l'Art d'un pays victorieux. Il joua donc sur les scènes de l'Europe de l'est en ruines, et peu après, partit pour une tournée en Italie, Angleterre, France, Autriche, dans les pays scandinaves, et encore de nombreux autres. Tous les pays européens considéraient qu'accueillir Gilels pour un concert ou un enregistrement était un grand privilège. Il reçu des médailles et des honneurs - le public le vénérait.

En 1955, Emil Gilels devint le premier artiste soviétique à voyager aux États-Unis pour une tournée, depuis la Deuxième Guerre Mondiale. Entre les années 1950 et 1970, il atteignit l'apogée de sa carrière dans tous les aspects de son jeu. Il se produisit sous la baguette des plus grands chefs : Mravonski, Melik-Pashayev, Svetlanov, Ivanos, Rakhlin, Gauk, Ginsburg, Eliasberg, Niyazi, Jarvi, Kitayenko, Dudarova, Barshai. Ses collaborations avec Sanderling et Kondrashin furent particulièrement importantes et durables. En URSS, il eut d'autres liens avec Gusman, Paverman, Maluntsyan, Gokieli, Kolomiytseva, Shaposhnikov, Gurtovoy, Robinovich, Katz, Feldman, Vigners, Sherman, Stasevich, Sokolov, Tiulin, Kravchenko, Karapetyan, Dubrovsky, Tolba, Provatorov, Katayev, Aranovich, Chunikhin, Yadikh, Nikolayevsky, et bien d'autres. Grâce à ces collaborations, il put aussi trouver de nouveaux et talentueux chefs, tels que Verbintsky ou Ovchinikov.

Emil Gilels joua aussi dans des ensembles : avec les pianistes Flier et Zak, puis plus tard avec sa fille Elena Gilels ; les violonistes Elisabeth Gilels (sa soeur), Tziganov, Kogan ; le Quatuor Beethoven ; en trio avec Tziganov et Shirinsky, ainsi qu'avec son propre trio (Gilels, Kogan, Rostropovich) ; avec le flutiste Korneiv et le corniste français Shapiro. A l'étranger, il collabora aussi avec les Quatuors Amadeus et Sibelius Academy.

L'engagement d'Emil Gilels auprès de studios d'enregistrement fut aussi intensif que son engagement dans les tournées de concerts : il travailla avec de nombreuses compagnies, notamment Melodiya, Angel, Ariola, EMI, Eterna et Deutsche Grammophon. Ses enregistrements les plus anciens datent des années 1930 et comportent la Gigue de Loeillet-Godowsky, la Fantaisie sur Deux Thèmes des Noces de Figaro de Mozart-Liszt-Busoni, la Ballade No. 1 en Sol mineur Op. 23 de Chopin, la Rhapsodie Hongroise No. 9 de Liszt, la Toccata de Schumann et le Duetto tiré des Chansons sans paroles de Mendelssohn. Au total, Gilels enregistra près de 500 œuvres (sans compter les nombreuses versions existantes de pièces individuelles). Le nombre exact ne fut jamais connu, à cause des nombreux enregistrements audio et vidéo amateurs réalisés lors des récitals de Gilels.

Entre 1950 et 1970, Gilels continua à enseigner au Conservatoire de Moscou, tout en poursuivant une carrière publique importante. Il ne put toutefois refuser l'invitation à présider le jury du Concours International Tchaikovsky de Piano - position qu'il conserva pendant les quatre premières sessions de ce concours.

Au milieu des années 1970, Emil Gilels commença à limiter ses activités qui n'étaient pas directement liées à son statut de concertiste. Il arrêta de prendre part aux jurys des concours internationaux de piano, et arrêta d'enseigner.

Emil Gilels fut nommé Artiste du Peuple d'URSS, reçut le Prix Lénine en 1962, et en 1976 - en l'honneur de son soixantième anniversaire - il fut gratifié de la distinction la plus haute du gouvernement soviétique : Héros du Travail Socialiste.
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Nikita Magaloff
Géorgie, °1912 - 1992
Nikita Magaloff fut l'un des pianistes les plus intéressants et charismatiques du XXème siècle. Plusieurs de ses enregistrements sont encore disponibles dans des enregistrements restaurés. Il était ami avec Rachmaninov et Prokofiev, dont il prit des leçons de composition, et de Ravel, dont il était un admirateur enthousiaste. Il donna des concerts avec les plus grands chefs et orchestres de son temps, et dans les festivals les plus prestigieux. Il collabora aussi avec les musiciens les plus renommés, comme par exemple le violoniste Joseph Szigeti. Bien que né en Russie, il avait un regard très cosmopolite et un large répertoire - au centre duquel il plaçait Chopin : il réalisa plusieurs concerts entièrement dédiés à Chopin et fut remarqué pour être le premier pianiste à enregistrer toute la musique pour piano du compositeur. Mais son répertoire incluait aussi Beethoven, Mendelssohn, Mozart, Brahms, Schumann, Liszt, Debussy, Ravel, Fauré, Prokofiev, Rachmaninov, Stravinsky, Scriabin, et bien d'autres encore. La plupart de ses enregistrements ont été réalisés pour les labels Philips et Decca.

Nikita Magaloff est né à Saint Pétersbourg en 1912. Sa famille prit la fuite à la Révolution alors qu'il avait six ans, partant tout d'abord pour la Finlande avant de rejoindre les États-Unis, et, finalement, de s'installer à Paris en 1922. Il commença ses études supérieures au Conservatoire de Paris, sous la direction d'Isidor Philipp.

C'est dans les années 1920, à Paris, que Nikita Magaloff rencontra Prokofiev, Ravel et Rachmaninov - compositeurs dont la musique et l'influence eurent une place prédominante dans sa carrière. Il se lia aussi d'amitié pour Szigeti, à qui il dût la rencontre de plusieurs groupes de musique de chambre et dont il épousa la fille plus tard.

Des années 1920 aux années 1950, les activités de Nikita Magaloff se concentrèrent autour des concerts et des enregistrements ; mais sa carrière sembla changer d'orientation après 1960. Ce revirement peut être expliqué par l'arrêt de ses activités d'enseignement : de 1949 à 1959, il donnait régulièrement des master classes au Conservatoire de Genève. Mais ses succès de fin de carrière furent sans doute principalement dus à un changement de style : il prit plus de risques dans ses interprétations, jouait avec plus de passion et plus d'esprit.

La plupart des enregistrements disponibles de Nikita Magaloff furent réalisés après 1960. Il resta très occupé pendant les trois dernières décennies de sa carrière, sans même décliner vers la fin : au cours de la saison 1990-1991, il donna une série de six concerts couvrant presque l'intégralité de l’œuvre pour piano de Chopin.
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Witold Malcuzynsky
Pologne, °1914 - 1977
Witold Małcużyńsky remporta le troisième prix du troisième Concours International de Piano Fryderyk Chopin à Varsovie en 1937. Ses talents musicaux devinrent évidents alors qu'il n'avait que cinq ans. Il était attiré au départ par la composition - il écrivit même deux petites pièces pour piano intitulées Nuit sur le Niemen et Oberek. Il commença à étudier sérieusement le piano à neuf ans.

En 1929, il fut admis au Conservatoire de Varsovie dans la classe de piano de Jerzy Lefeld, sous la direction duquel il développa son talent jusqu'en 1932. Après avoir obtenu son diplôme en 1932, il commença des études supérieures au Conservatoire avec Jósef Turczynski. Il se lança simultanément dans des études de droit et de philosophie à l'Université de Varsovie.

Witold Małcużyńsky acheva son cursus au Conservatoire en 1936 et reçut son diplôme avec les compliments de l'établissement. La même année, quelques jours avant son examen final, il gagna le cinquième prix du Concours Musical International de Varsovie et fit ses débuts avec l'Orchestre Philharmonique de Varsovie, avec une interprétation sensationnelle du Concerto No. 2 en la majeur de Liszt, et les Variations en si mineur de Karol Szymanowski en bis.

Après que les dates du troisième Concours Chopin de Varsovie eurent été annoncées officiellement (21 février - 12 mars 1937), il décida d'y participer. Afin de préparer son répertoire, et à la demande de Turczybski, il alla rencontrer Paderewski à Morges. Après l'avoir écouté attentivement, Paderewski décida de s'occuper du jeune virtuose et le prit sous son aile pendant plusieurs mois, entre 1936 et 1937. Sa participation au Concours Chopin se solda d'un troisième prix.

Malgré son succès lors de ce concours, sa popularité auprès du grand public et contre toute attente, Witold Małcużyńsky ne développa pas sa carrière de concertiste. Il décida de continuer ses études et d'étendre son répertoire. A cette fin, il partit pour Paris et pendant plusieurs mois (1937-1938), prit des leçons avec Marguerite Long et Isidore Philippe. Au milieu de l'année 1938, le pianiste retourna en Pologne. Peu de temps après son retour, il donna plusieurs concerts à Varsovie et s'engagea dans une tournée nationale, jouant dans de petites villes provinciales aussi bien que dans de plus grandes villes. A la fin de l'année suivante, il revint à Paris afin d'épouser la pianiste Colette Gaveau.

Il était à Paris lorsque la Deuxième Guerre Mondiale éclata. En janvier 1940, Witold Małcużyńsky fit ses débuts à Paris avec beaucoup de style, en interprétant le Concerto No. 2 en fa mineur de Chopin. Il reçut des critiques enthousiastes. Après la chute de la France, il quitta Paris et s'enfuit à Lisbonne dans un train de marchandises, puis s'embarqua pour l'Argentine. En novembre 1940, le pianiste donna son premier concert à Buenos Aires. Peu après, il s'était déjà produit des douzaines de fois sur tout le continent, atteignant une popularité inimaginable.

La célébrité qu'il atteignit en Amérique du Sud lui valut une proposition de concert au Carnegie Hall de New York. En avril 1942, Witold Małcużyńsky donna un récital digne de cette célèbre salle. Après ce triomphe new-yorkais, il s'engagea dans une tournée américaine. Il joua aux côtés des plus grands chefs (Koussewitzky, Monteux, Paray, Mitropoulos, Reiner et Szell, entre autres) et orchestres, dans les plus fameuses salles de concert, et attirant des milliers d'auditeurs.

Vers la fin de la guerre (mars 1945), Witold Małcużyńsky s'en fut en Angleterre au moyen des transports de l'armée et donna un concert à Londres. Quelques mois plus tard, il réapparut à Paris, où le public le redécouvrit. A partir de ce moment, sa carrière se lança dans un rythme effréné. Il donna plusieurs douzaines de concerts par an dans différents continents et enregistra pour des labels renommés (Columbia, Angel, EMI).
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Henry Piette
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Francis Poulenc
France, °1899 - 1963
1899 Naissance de Francis Poulenc, le 7 janvier. Son père Emile Poulenc, né en 1855, est un industriel d'origine aveyronnaise qui avec ses deux frères dirige une usine de produits chimiques. Sa mère Jenny Royer, est parisienne depuis plusieurs générations et est descendante d'une famille d'artisans.

1904 Jenny assoit le jeune Francis au piano et le fait travailler Mozart, Schubert et Chopin mais également l'« adorable mauvaise musique » que sont les romances à la mode.

1911-13 L'oncle Papoum, (Marcel Royer, frère de Jenny) qui fréquente l'Opéra Comique, le boulevard et les concerts d'avant-garde, fait découvrir au jeune Francis Petrouchka et Le Sacre du Printemps de Stravinsky. C'est une véritable révélation pour lui, et le compositeur demeurera toute sa vie durant un maître envers qui son admiration sera immense.

1914 Son père exigeant qu'il fasse des études générales et ne se consacre pas exclusivement à la musique, Francis Poulenc ne fréquente pas le conservatoire; rencontre avec Ricardo Viñes, professeur catalan introduit par Geneviève Sienkiewicz.

1914-17 Viñes lui enseigne la musique de son temps, celle de Debussy, Stravinsky et Satie; il l'introduit à Falla, Cocteau, Marcelle Meyer et Satie. Le jeune Poulenc fait la connaissance de Milhaud.

1915 Disparition de sa mère Jenny

1917 Disparition de son père. Installation chez sa sœur Jeanne (1887-1974) et son mari, rue de Monceau. Grâce à son amie d'enfance Raymonde Linossier (1897-1930), Poulenc découvre le milieu intellectuel et littéraire parisien : premières visites régulières à la librairie d'Adrienne Monnier (La Maison des Amis des Livres), située au 7 rue de l'Odéon, lieu où il pourra faire connaissance avec Aragon, Breton, Eluard et Apollinaire. Ce dernier, qui aura une influence durable sur Poulenc, y lit ses propres poèmes et donne la première des Mamelles de Tirésias en juin, œuvre qui sera mise en musique par Poulenc à la fin des années 40. Le 11 décembre, création de Rapsodie Nègre, sa première œuvre, pour voix (baryton) et ensemble instrumental (flûte, clarinette, quatuor à cordes et piano).

1918 Mobilisation en janvier à Vincennes, puis au ministère de la Guerre jusqu'à 1921. Fait la connaissance de Manuel de Falla chez Ricardo Viñes.

1918 Premier groupe de compositions qui avec l'aide de Stravinsky, seront dès l'année suivante au catalogue de l'éditeur londonien Chester : Toréador, sur des poèmes de Jean Cocteau, la Sonate pour deux clarinettes, la Sonate pour piano à quatre mains, les trois Mouvements perpétuels. Fréquente Cocteau, Radiguet, Max Jacob.

1919 Création du Bestiaire d'après des poèmes de Guillaume Apollinaire (avec Suzanne Peignot, amie et première interprète des mélodies du compositeur)

1920 Cocardes, crées au Théâtre des Champs-Élysées, remportent un beau succès. Ces trois mélodies sur un poème de Cocteau sont inspirées de l'atmosphère de Nogent-sur-Marne - celle des fêtes foraines, bal musettes et guinguettes - où Poulenc passait ses vacances en famille et entre amis.
Le Groupe des Six est formé (Auric, Durey, Honegger, Milhaud, Poulenc et Tailleferre).

1921 Le Gendarme Incompris, de Jean Cocteau et Raymond Radiguet, présenté en mai au Théâtre Michel. Création en juin des Mariés de la tour Eiffel, première oeuvre d'importance du groupe des Six, limité à cinq pour cette occasion (Poulenc, Auric, Milhaud, Honegger, Tailleferre). Misia Sert assiste à la représentation et introduit le jeune Poulenc à Serge Diaghilev, le grand maître des ballets russes, très en vogue en ce début des années 20.
Début du précieux enseignement pianistique de Charles Koechlin (1867-1950), qui durera quatre ans, avec qui il apprend la technique du contrepoint et l'écriture chorale.

1922 Quatre Poèmes de Max Jacob. Sonate pour clarinette et basson. Sonate pour cor, trompette et trombone. Fait la connaissance d'Henri Sauguet. Pendant quelques semaines, Poulenc accompagne Darius Milhaud et Marya Freund en Europe Centrale où il rencontre Berg, Schoenberg et Webern à Vienne.

1924 Création en janvier à Monte-Carlo du ballet Les Biches, par les Ballets russes, à la demande de Serge Diaghilev. Décors et costumes de Marie Laurencin. L'œuvre remporte un vif succès.

1926 Création en mai du Trio pour hautbois, basson et piano. Le même mois, création des Chansons Gaillardes avec Pierre Bernac. Wanda Landowska, rencontrée chez la princesse de Polignac, commande à Poulenc un concerto pour clavecin.

1927 Acquisition du Grand Coteau, sa maison secondaire à mi-chemin entre une maison de maître et une maison de vigneron, entourée de vignes et de terrasses aménagées par des « jardins à la française ». Cette demeure de Touraine située à côté du village de Noizay, entre Amboise et Vouvray, permet au compositeur de fuir les distractions parisiennes et de s'atteler à la composition dans une solitude bénéfique.

1929 Création en mai à Paris du Concert Champêtre par Wanda Landowska et l'orchestre symphonique de Paris, dirigé par Pierre Monteux. Composition des Nocturnes, au nombre de huit, pour piano seul.
Création de Aubade, pour piano et dix-huit instruments, sur une commande du vicomte Charles et de la vicomtesse Marie-Laure de Noailles.

1930 La mort de Raymonde Linossier, le 30 janvier, affectera profondément Poulenc qui ressentait envers elle une amitié profonde datant de son enfance, voire certainement un amour inavoué.

1931 Création des deux cycles de mélodies que sont les Quatre Poèmes de Guillaume Apollinaire et les Cinq Poèmes de Max Jacob.

1932 Création du Bal Masqué sur une commande du couple Noailles, d'après Max Jacob (cantate profane pour baryton et orchestre de chambre)
Concerto pour deux pianos sur une commande de la princesse Edmond de Polignac. On y retrouve des thématiques inspirées de Ravel, Mozart (son concerto K 537 assurément), et du jazz. La création eu lieu le 5 septembre à Venise, avec Francis Poulenc et Jacques Février en solistes accompagnés par l'orchestre de la Scala de Milan.

1933 Première audition du Sextuor, qui sera par la suite remodelé en 1940, et des Improvisations pour piano, données pour la première fois à la Salle Gaveau. Comme les créations rapportent peu, Poulenc commence à donner ses premières conférences et à jouer en concert afin de gagner un peu mieux sa vie.

1934 Huit Chansons polonaises, crées par la chanteuse Marya Modrakowska. Cinq poèmes de Pierre Ronsard crées par la soprano Suzanne Peignot en mars, avec piano, et décembre dans sa version pour orchestre.
Poulenc est invité le 21 août à participer à un concert de musique française à Salzbourg. Il trouve à son hôtel une invitation de Pierre Bernac le baryton des Chansons Gaillardes, pour accompagner du Debussy. Cette rencontre inattendue verra Poulenc se rapprocher de celui qui sera son chanteur masculin attitré pour la création de l'ensemble des mélodies, ce jusqu'à la fin de leur carrière commune.

1936 Composition des Soirées de Nazelles, dans l'esprit des « Folies Françaises » de Couperin pour piano, selon les mots de l'auteur. Installation rive gauche au 5 rue de Médicis en face du Luxembourg, dans l'immeuble de l'oncle Papoum.
Après avoir appris la terrible mort de son ami et compositeur Pierre-Octave Ferroud, Poulenc visite à Rocamadour le sanctuaire de la Vierge Noire. C'est un choc religieux immense à l'image d'une véritable révélation spirituelle qui influencera durablement sa musique. En sept jours, il achève la composition des Litanies à la Vierge Noire, pour chœur de femmes et orgue. Elles seront crées le 17 novembre à Londres par Nadia Boulanger, lors d'un concert de la BBC. La première audition française aura lieu à Lyon, à la salle Rameau, le 3 mai 1937, par les Chœurs de Lyon, lors d'un concert radiodiffusé en direct.

1937 Création avec Pierre Bernac le 3 février à la salle Gaveau de Telle jour telle nuit sur des poèmes de Paul Eluard. Ce cycle est certainement un des plus accomplis de Poulenc et reflète une unité de construction exceptionnelle. Création en février le 21 mai à Gaveau de Sept Chansons pour chœur a cappella. Création à Lyon de Sécheresses, œuvre contemporaine pour chœur mixte et orchestre sur des poèmes de Edward James (1908-1984), qui demeure encore à ce jour particulièrement méconnue et peu jouée.

1938 Création par les chœurs de Lyon de la Messe en sol majeur, le 3 avril à Paris, première œuvre religieuse a cappella. Création de Trois Poèmes de Louise de Vilmorin à la salle Gaveau le 28 novembre 1938. Priez pour Paix, septembre.

1939 Alors qu'une première audition privée a eu lieu en décembre 1938 chez les Polignac, le Concerto pour orgue fait l'objet d'une première audition publique le 21 juin 1939 à la salle Gaveau. Maurice Duruflé tient l'orgue et Roger Desormière dirige l'Orchestre Symphonique de Paris. Quatre Motets pour un temps de pénitence pour chœur mixte a cappella sur des textes en latin sont crées en février à l'église Saint-Etienne du Mont par les Petits Chanteurs à la Croix de Bois. Composition du Sextuor et du cycle de mélodie Fiançailles pour rire d'après des poèmes de Louise de Vilmorin.

1940 Mobilisé à Bordeaux puis démobilisé à Brive-la-Gaillarde, Poulenc commence à travailler L'Histoire de Babar, et son cycle de mélodies Banalités sur des poèmes d'Apollinaire.

1941 Deux motets pour chœurs mixtes a cappella sont écrits en mai, Salve Regina et Exultate Deo.

1942 Le cycle de mélodies Fiançailles pour rire, sur des poèmes de Louise de Vilmorin est crée par Geneviève Touraine, sœur du baryton Gérard Souzay, le 21 mai 1942 à l'Ecole Normale de musique, renommée plus tard la salle Cortot. Le 8 août, création du ballet Les Animaux Modèles à l'Opéra de Paris (chorégraphie de Serge Lifar)

1943 Sonate pour violon et piano en juin dédiée à la mémoire de Federico Garcia Lorca, que le compositeur considèrera « comme ratée ». Le même mois, Poulenc crée Les Chansons Villageoises dans une version pour voix et orchestre à laquelle on substitue presque systématiquement de nos jours celle pour piano. Métamorphoses d'après des poèmes de Louise de Vilmorin et C d'après Louis Aragon. Décès de Ricardo Viñes au printemps.

1944 Max Jacob, qui était juif, est arrêté par la Gestapo à Orléans en février avant d'être déporté au camp de Drancy, où il meurt d'épuisement deux semaines plus tard en dépit de diverses interventions pour le faire libérer, dont celles de Jean Cocteau et Sacha Guitry. Composition à Noël d'Un soir de neige, œuvre polyphonique a cappella sur des poèmes de Paul Eluard. L'œuvre sera crée le 21 avril 1945 à Paris.

1945 Figure Humaine, pour double cœur a cappella sur des poèmes de Paul Eluard, crée en anglais par les BBC Singers de Londres, le 25 mars, puis en français pour la première fois le 2 décembre 1946 à Bruxelles par les Chœurs de la radiodiffusion flamande. Œuvre d'une grande modernité et maîtrise polyphonique, elle marque un tournant dans le travail du compositeur.
L'année 1945 est également l'occasion pour Poulenc de jouer en janvier à Londres son Concerto pour deux pianos avec Benjamin Britten. Le premier récital Poulenc-Bernac est donné la même année au Wigmore Hall.

1946 Création le 14 juin de l'Histoire de Babar, d'après le texte de Jean de Brunhoff, avec Pierre Bernac comme récitant.

1947 Déménagement dans un appartement plus grand du 5 rue de Médicis (au 6e étage), où le compositeur résidera jusqu'à sa mort, en janvier 1963.
Les Mamelles de Tirésias d'après un « drame surréaliste » de Guillaume Apollinaire

1948 Création le 24 octobre de la Sinfonietta par le BBC Philarmonic Orchestra dirigé par Roger Desormière. Calligrammes d'après Apollinaire. Le 7 novembre, le duo Bernac-Poulenc fait ses débuts américains au Town Hall de New York, puis réalise une tournée américaine (Chicago, Los Angeles, San Francisco) et canadienne. Quatre Petites Prières de saint François d'Assise.

1949 Création le 18 mai à la salle Gaveau de la Sonate pour violoncelle et piano. Composition du Concerto pour piano.

1950 Création le 6 janvier du Concerto pour piano avec l'Orchestre symphonique de Boston dirigé par Charles Munch. En novembre, Poulenc et Bernac créent la Fraîcheur et le Feu, sur des poèmes de Paul Eluard.

1951 Création le 13 juin au Festival de Strasbourg du Stabat Mater (pour soprano, chœur mixte et orchestre) sous la direction de Fritz Munch et la soprano Geneviève Moizan, dédié à la mémoire du peintre et ami Christian Bérard.

1952 Quatre Motets pour le temps de Noël, pour chœur mixte a cappella. Mort de Paul Eluard le 18 novembre, à l'âge de 57 ans.

1953 Poulenc démarre la composition des Dialogues des Carmélites, dont il a accepté la commande des éditions milanaises Ricordi après avoir pris connaissance du texte de Georges Bernanos. Il compose notamment à l'hôtel Beau-Rivage de Lausanne, puis à partir de janvier 1954 au Majestic, à Cannes. Sonate pour deux pianos, crée le 2 novembre.

1954 Tournée en Egypte avec Bernac. Les récitals se poursuivent en Europe (Londres, Amsterdam, Allemagne).

1955 Décès d'Adrienne Monnier, de Lucien Roubert et d'Arthur Honegger. Dans ce climat de profonde tristesse, Poulenc termine la composition des Dialogues des Carmélites dans sa version préliminaire pour piano.

1956 Composition du Travail du Peintre, cycle de mélodies sur des poèmes d'Eluard dont il retient une mélodie pour Picasso, Chagall, Braque, Juan Gris, Klee, Miro et Jacques Villon. Termine l'orchestration des Dialogues.

1957 Le 26 janvier a lieu la première audition, en italien, des Dialogues des Carmélites à la Scala de Milan. Le 18 juin, création de la Sonate pour flûte, au Festival de Strasbourg avec Jean-Pierre Rampal accompagné par Poulenc lui-même. Trois jours plus tard a lieu à l'Opéra Garnier la création parisienne des Dialogues, qui seront repris le 8 novembre de la même année. C'est un immense succès et un grand soulagement pour Poulenc qui s'était investi comme jamais en temps et en énergie dans la composition d'une œuvre musicale. Composition de l'Elégie pour cor et piano.

1958 Composition de la Voix Humaine, tragédie-lyrique sur un texte de Cocteau de 1930.

1959 Création le 6 février à l'Opéra Comique de la Voix Humaine. Denise Duval est la bouleversante interprète principale et Cocteau lui-même signe la mise en scène.
Le 27 mai a lieu à la salle Gaveau le soixantième anniversaire de Poulenc et dernier concert du merveilleux duo Bernac-Poulenc, Bernac faisant alors ses adieux à la scène.
Composition des Laudes de saint Antoine de Padoue. Composition de l'Elégie pour deux pianos.

1960 Tournée américaine et création le 23 février de la Voix Humaine aux Etats-Unis (au Carnegie Hall de New York avec Denise Duval), ainsi que des Mamelles de Tirésias.

1961 Dernier voyage aux Etats-Unis. Création le 20 janvier à Boston du Gloria, grand motet pour soprano solo, chœur mixte à quatre parties et orchestre. Alors que Charles Munch dirigeait cette création américaine, c'est Georges Prêtre qui dirige l'ONF et les chœurs de la RTF le 14 février. Parution de la version pour orchestre de Babar à la demande de Poulenc, réalisée par son ami Jean Français. Le 5 décembre, Denise Duval donne la Dame de Monte-Carlo, au Théâtre des Champs-Elysées, avec l'ONF dirigé par Georges Prêtre. La version pour piano est aujourd'hui beaucoup plus jouée.
Poulenc publie un ouvrage sur Emmanuel Chabrier.

1962 Sept Répons pour les ténèbres. Composition des Sonate pour clarinette et piano et Sonate pour hautbois et piano, posthumes, dont les créations ont lieu après la mort de Poulenc, en avril et juin 1963.

1963 Décès le 30 janvier, d'une crise cardiaque, à son domicile 5 rue de Médicis. A la demande du compositeur, les funérailles ont lieu dans la plus grande simplicité, avec pour seule musique Bach. Francis Poulenc est enterré au Père Lachaise, aux côtés de sa famille.
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Vesseline Stoyanov
Bulgarie (Rép.), °1902 - 1969
Vesseline Stoyanov, fils d'Anastas Stoyanov et frère d'Andrey Stoyanov, appartient à la deuxième génération des compositeurs bulgares. Il fut l'un des fondateurs de la Société de Musique Contemporaine en 1933 (qui devint par la suite l'Union des Compositeurs Bulgares). Il obtint son diplôme de l'Académie Nationale de Musique en 1962, majorant en piano chez son frêre. La même année, il fut admis à la Haute École de Musique de Vienne, en piano avec le Professeur V. Ebenstein et en composition avec le Professeur F. Schmidt. Il prit des cours particuliers de piano avec P. De Kohn et d'orchestration avec Wunderer. A son retour en Bulgarie, il enseigna le piano et le solfège (1931-1937) et se produisit en soliste et chef d'orchestre. Il fut engagé à l'Académie Nationale de Musique en 1937, comme professeur de théorie musicale, puis en composition et harmonie en 1945. Il fut finalement nommé Doyen de la Faculté de Théorie Musicale en 1952, et Recteur de l'Académie Nationale de Musique (1956-1962). Il fut aussi directeur de l'Opéra de Sofia (1953-1954). Il écrivit et publia des articles sur l'esthétique et les formes musicales, et sur la musique contemporaine bulgare.
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Eugène Traey
, °1915 - 2006
Né à Amsterdam de parents belges, Eugène baron Traey (1915-2006) a fait ses études musicales au Conservatoire royal d'Anvers, où il a eu comme professeur de piano Emmanuel Durlet. Il se perfectionna ensuite à Paris chez Robert Casadesus et en Allemagne chez Karl Leimer et Walter Gieseking. Eugène Traey a mené parallèlement une carrière de concertiste et de professeur au Conservatoire royal d'Anvers, dont il a été le directeur jusqu'en 1980. Il a donné des récitals, des concerts avec orchestre et en musique de chambre avec Arthur Grumiaux et Jean Laurent ou en duo de piano avec Frédéric Gevers. Il est le fondateur du deSingel à Anvers et fut régulièrement membre du jury de concours internationaux réputés (Moscou, Varsovie, Munich, Tokyo et autres). De 1982 à 1995, Eugène Traey a présidé le jury de chaque session du Concours Reine Elisabeth.
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Aline van Barentzen
États-Unis, °1897 - 1981
Aline van Barentzen (1897-1981) still holds the record as the youngest pianist, at 11 years old, to have won the First Prize at the Paris Conservatory. Her first recital was at the age of four, after which her mother moved with her from Boston to Paris for further music studies. Practicing six hours a day, at the age of seven she performed Beethoven's First Piano Concerto with orchestra, and at nine was accepted into the Paris Conservatory. Her teachers there included Marguerite Long and Delaborde. Later she studied in Berlin with Heinrich Barth and Ernst von Dohnanyi (among her fellow students were Artur Rubinstein and Wilhelm Kempff), and in Vienna with Leschetizky.

With Paris as her home she became friends with many of the leading musicians and composers of the early twentieth century, including Enesco, Poulenc, Messiaen, Roussel, and Villa Lobos, whose works she often premiered. She performed frequently throughout Europe with the leading conductors and recorded for His Master's Voice. She became a French citizen in the 1930's and spent the war in Paris, playing concerts as part of the effort to boost morale. In an interview/article in Clavier magazine, February 1981, she tells of how she was programmed to play Chopin's B minor Sonata and both volumes of the Etudes for the first half of a war-time concert, and of how she barely had the energy to make it through, due to the severe food shortages.

Aline absorbed scores quickly, learning all 24 Debussy Preludes during a vacation, and the Brahms Paganini Variations in five days. At one time she had an active repertoire of over 500 works. Her extensive early training resulted in complete technical mastery, it being told that when she went to study with Leschetizky he declared himself satisfied with her technique and spent his time on interpretation. Even though French music was her specialty she also recorded all of Beethoven's 32 sonatas for French Radio, and included a wide range of repertoire in her programs.

Her early teaching assignments included the Philadelphia Musical Academy and the Buenos Aires Conservatory. In 1954 she became Professor of Piano at the Paris Conservatory and can count Jean-Philippe Collard and Cyprien Katsaris among her famous students. She was decorated three times by the French government: the Chevalier des Arts et Lettres (1962), the Chevalier de la Legion d'Honneur (1966), and the Officier de l'Ordre National du Merite (1975). In 1976 the Brazilian government bestowed upon her the Villa-Lobos Gold Medal. She was a frequent jury member of leading piano competitions and was at one time the president of the Bach-Leveque piano competition. She also composed piano pieces under her married name of Hoyle.
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Piano 2020 reporté en 2021
Déroulement d'un concours
S.M. la Reine Mathilde
Jurys des concours de piano
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