Jonathan Fournel revient sur son Concours
 
29/11/2021

En mai dernier, Jonathan Fournel a remporté le Concours de Piano en l'absence du public, mais devant un jury enthousiaste. Quelques mois après cette victoire, il revient sur cette expérience extraordinaire.


Quels souvenirs avez-vous de votre expérience au Concours Reine Elisabeth ?

Je garde dans la tête des souvenirs inoubliables, d’un moment de ma vie que je n’oublierai jamais. Étant donné que le Concours Reine Elisabeth a changé ma vie du jour au lendemain, je ne peux qu’être reconnaissant à leur égard. Cela a été un moment unique, qui m’a aidé à progresser énormément et à me surpasser davantage.

Comment vous êtes-vous senti d’une épreuve à l’autre ?

Lorsque j’ai commencé à faire les premières notes de la sonate de Mozart en première épreuve, j’étais terrifié et impressionné d’être sur cette scène devant ce jury si prestigieux. La pression a été plus intense que ce que je pensais, et j’ai tout fait pour surpasser cela en me disant que quoiqu’il arrive, je n’avais jamais autant évolué que grâce à la préparation du concours. Tous ces mois de travail et de conseils de la part de mes professeurs Gisèle Magnan, Louis Lortie et Avo Kouyoumdjian, sans oublier l’aide précieuse Augustin Dumay ont été un tournant dans ma vie.

Vous avez été artiste associé en résidence à la Chapelle Musicale de 2016 à 2021. Comment avez-vous vécu votre semaine de préparation à la finale à cet endroit qui vous est bien connu ?

Cela donnait l’impression de revenir à la maison, cet endroit qui m’est si familier depuis quelques années, mais il y a avait une saveur particulière, car je n’étais pas là pour les mêmes choses. C’était spécial d’être en quarantaine dans une partie de La Chapelle et de ne pas pouvoir parler aux amis qui étaient quelques mètres plus loin. Mais bon il y avait une bonne ambiance entre nous, de notre côté, et on a vécu ensemble quelque chose d’indescriptible.

Comment votre préparation au Concours a été affecté par la crise corona ?

L’impossibilité de jouer dans des salles et de partager un moment musical avec un public a été le plus gros défi pour la préparation du concours. Jouer de la musique dans une salle vide est quelque chose de spécial, mais nous savions en tant que candidats que les conditions seraient exceptionnelles, et cela a été une expérience constructive malgré tout.

Dans quelle mesure est-ce que ce Concours se démarque des autres ?

J’ai entendu tant de personnes au cours de ma vie qui m’ont sans cesse encouragé à participer au concours Reine Élisabeth en le qualifiant de plus grand concours de piano, c’était pour moi une immense joie de pouvoir être admis à y participer. Devenir un jour le 1er prix de ce concours semblait quelque chose d’inaccessible, car la notoriété du concours attire un grand nombre de musiciens d’un haut niveau du monde entier.

Ce concours est aussi unique par sa forme, notamment avec cette finale avec séjour inclus à la Chapelle, au calme et concentré pour apprendre une œuvre imposée. Notamment pour moi qui ai toujours adoré la lecture à vue, c’était un défi supplémentaire qui m’excitait. D’être parmi ces grands noms qui ont participé à ce concours, notamment Emil Gilels, Lazar Berman, Frank Braley, Youri Egorov ou Brigitte Engerer qui a été ma professeure est un immense honneur.

Que fut votre sentiment lorsque vous avez remporté le Premier Prix du Concours ?

C’était un des moments les plus intenses émotionnellement, j’étais à la fois soulagé et si heureux. Je ne pouvais pas rêver mieux. Après presque un mois de concours, c’était la fin d’une épopée. Il m’a fallu un certain temps avant que je réalise totalement ce qui m’était arrivé, et cela m’a motivé énormément dans mon travail et mes nouveaux objectifs.

Quel impact a eu ce Premier Prix sur votre vie et votre carrière ces trois derniers mois ?

Les concerts se sont enchaînés assez rapidement, et je ne pensais pas que le changement serait aussi brutal. En raison de la pandémie qui a provoqué la fermeture des salles et l’arrêt des concerts, c’est génial de voir les événements culturels se multiplier à nouveau. J’ai entre autres eu la chance de faire ma première tournée en Corée du Sud, et de sortir mon premier cd consacré à Brahms. La vie reprend petit à petit et je me réjouis d’avance de participer à tous ces nouveaux projets qui arrivent.

Quels sont vos espoirs et vos aspirations pour l’avenir ?

J’espère avoir la chance de réaliser plein d’autres rêves, enregistrer et jouer les œuvres que j’ai toujours rêvé d’interpréter, et continuer à partager ce que j’aime partout où cela est possible.

Photo (c) Robin Ducancel


Saisissez l'opportunité pour écouter Jonathan Fournel en live, ce samedi 4 décembre à 20h au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. De son premier enregistrement, qui vient de sortir sur le label Alpha, il interprètera la 3e sonate pour piano de Brahms.


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